Alertes38 > Intergénération > Des infos

Slams intergénérations avec le chanteur GRAND CORPS MALADE


 

 

  SLAM ATTITUDE

 
Des bonheurs partagés

 A Saint-Denis, en banlieue parisienne, chaque mercredi depuis près de deux ans, a lieu un atelier de slam intergénérations. Les sessions se déroulent en alternance à la Maison de la jeunesse ou dans une résidence pour personnes âgées. Un rendez-vous devenu incontournable pour cette quinzaine d’apprentis slameurs de onze à quatre-vingt-trois ans. Réunis ensemble, ils s’adonnent aux joies des mots et des rimes. Pour les encadrer, Emilie « Fleur du Maroni » et Fabien, alias « Grand Corps Malade ». Malgré le succès de son premier album et ses deux Victoires de la musique, il continue à animer avec passion cette rencontre singulière entre générations.

 
« Il y a deux ans, j’avais commencé un atelier avec des jeunes de Saint-Denis », raconte-t-il, « et j’envisageais d’en créer un autre avec des retraités. Alors, quand on m’a proposé de fusionner les deux projets, je n’ai pas hésité une seconde ! Regrouper trois générations, c’était vraiment excitant ! »
 
Autour de la table, Rudy, Marcello, Soraya et les autres jouent avec les mots et les rimes.
Chacun écoute avec attention les conseils de Fabien. Quelquefois, des duos s’improvisent : un jeune et un aîné travaillent ensemble un texte. « Grâce à cet atelier, deux populations qui d’ordinaire s’ignorent, partagent ces petits moments de bonheur », reconnaît Babka (pseudo d’Henriette, soixante-sept ans). Chacun à sa façon raconte son univers, sa vie, ses pensées. Rudy (pseudo « Handi-capable »), dénonce dans ses écrits le quotidien des personnes handicapées. Marcelle préfère aborder des thèmes plus positifs, le bonheur.
 
Confrontation des styles, des modes de vie. Beaucoup de générosité des uns et des autres. « Des moments si rares ici en France, où jeunes et vieux n’ont pas tant l’habitude de se fréquenter », admet Fleur du Maroni. Ensemble, on écrit, on parle, on clame ! Au travers des textes en duo, ou en trio, ils s’enrichissent les uns les autres. « À leur contact, j’ai beaucoup appris sur leur manière de vivre, de penser », ajoute Scor-P, jeune rappeur de dix-neuf ans.
 
En fin de séance, chacun clame son texte, debout devant les autres. Jamais de moqueries ni de remarques. Au contraire, des applaudissements pour chaque poète. Leur répertoire s’est enrichi mois après mois. Jusqu’à l’organisation d’une soirée devant un vrai public. Un grand moment pour tous. Tout ce petit monde fréquente aujourd’hui les scènes slam de Saint-Denis et d’ailleurs, afin de dire ses textes devant un public de connaisseurs. « Comme je le répète tout le temps », précise Fabien, « le slam, c’est une bouche qui parle et des dizaines d’oreilles qui écoutent Et le respect, l’attention font partie de la philosophie de cette pratique. » Cerise sur le gâteau, l’atelier intergénérations va bientôt entrer en studio afin d’enregistrer un disque, avec des musiciens ! « Cette expérience a transformé ma retraite », reconnaît Marcelle, « cela a mis de la joie dans nos vies. Et nous attendons chaque mercredi suivant avec impatience ! » Le slam, venu des États-Unis dans les années 1990, a trouvé sa place en France au sein de toutes les populations. Pour preuve, cet atelier, mais aussi tous ceux qui, chaque jour, naissent dans des écoles, des hôpitaux ou des prisons.
 
Jean-Michel Delage,
Faim et Développement Magazine, p 26
Le magazine du CCFD, 4, rue Jean Lantier - 75001 Paris téléphone : 0144 82 80 00
 
 

Site optimisé pour une résolution d'écran de 1024 x 768 et pour le navigateur Firefox
Réalisé par Linuxorable Logo XHTML 1.O du W3C Logo XHTML 1.O du W3C Site francophone officiel de Firefox