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Les conclusions de Jean GIARD à la 1/2 journée d’étude Intergénération


La conclusion de Jean GIARD, président d’ALERTES
à la demi-journée D’ETUDE INTERGENERATION
du 16 octobre 2007
 
 
 
Remercier les participants aux deux tables rondes
ainsi que la Metro et le Conseil Régional
qui ont apporté leur soutien à cette initiative.
 
 
L’intergénération : un défi qui oblige à des choix politiques, et qui devrait irriguer un projet de société.
 
UN DEFI :
En quoi est-ce un défi ? un monde inédit où les plus de 65 ans seront plus nombreux que les moins de 20 ans et auront devant eux une espérance de vie de près d’un quart de siècle……C’est donc une société qui vieillit, c’est à dire une société qui ne meurt pas mais qui évolue à la condition toutefois que le vieillissement soit considéré comme une ressource à valoriser et non pas comme un handicap, que les personnes âgées puissent jouer pleinement leur rôle de citoyen et que dialogue et solidarité entre les générations soient au cœur de la société. 
 Dans ce contexte, les personnes âgées ont évolué : leurs attentes, leurs besoins, leurs potentiels ont changé. Elles veulent continuer à être actives, à rester utiles à la société, pouvoir réaliser des projets personnels, avoir un rôle social… Longtemps, le départ à la retraite était considéré comme la préparation à la mort. Au moment où a été crée la retraite à 65 ans la durée de vie moyenne était de 62 ans. Nous n’en sommes plus là. Mais la cessation d’activité est vécue différemment selon les personnes, leur vécu, leur histoire, leur culture, leur place et leur rôle dans la vie active, leurs responsabilités…Attendue avec impatience, elle peut être pour d’autres une épreuve douloureuse, la question principale étant celle de son utilité, avec le sentiment de n’être plus bon à grand chose.
En même temps, les enquêtes d’opinion montrent qu’avec l’allongement de la longévité, la retraite conçue comme une période de repos s’est amoindrie pour une plus forte implication en termes d’utilité sociale, sous la forme du bénévolat associatif, d’engagement dans la vie publique, ou dans la charge de responsabilités familiales en direction des ascendants et descendants.
Les solidarités familiales ont également évolué. Comme l’ont montré les interventions relatant diverses formes d’actions intergénérationnelles, les solidarités extrafamiliales sont de plus en plus répandues. Comme le dit Mohammed Malki, directeur d’Accordages, « le charme de la rencontre ne suffit pas. »Les actions intergénérationnelles sont hétérogènes et se développent de plus en plus en dehors des sentiers traditionnels du soutien scolaire et de l’animation en institutions pour P.A .
Tous les domaines de la vie en société sont concernés : les logements, les transports, la culture, l’utilisation des nouvelles technologies…Le développement durable a une dimension intrinsèquement intergénérationnelle. C’est le sens du texte élaboré par la commission « Solidarité Inter génération » de l’association « ALERTES » que vous pouvez vous procurer. Ce texte est en attente de vos amendements…
 
 Répondre à ces défis oblige à faire des choix politiques :
Phénomène de société à part entière, l’inter génération, facteur de cohésion sociale, implique des choix politiques. Ces choix ne peuvent être fondés que sur la notion de solidarité qui elle même nous renvoie à l’interdépendance entre générations.
Ces choix sont de vrais choix de société : financement des retraites, de la Sécurité Sociale, de la dette publique, cinquième risque, emploi, politique de la ville…développement durable, avenir de la planète…
Autant de questions qui sont à la fois cause d’inquiétudes : nous vivons une époque de mutations profondes dont on ne peut encore mesurer toutes les conséquences, nous avançons sous le signe d’incertitudes
et qui font appel pour y répondre à un grand esprit de responsabilité au sens où le philosophe Emmanuel Levinas l’explicitait : « la responsabilité, c’est prendre sur soi le destin d’autrui… »
 
C’est pourquoi, l’inter génération devrait irriguer tout projet de société.
En effet le processus intergénérationnel va s’imposer comme mode de vie à notre société. L’inter génération n’est plus uniquement l’affaire des acteurs gérontologiques et des associations de retraités. Elle n’est pas non plus un domaine particulier aux côtés des autres. Elle suppose la mise en œuvre d’ une démarche qui privilégie la transversalité. Quand on commence par traiter les vieux comme des gens à part, on finit logiquement par les mettre à part...et ce faisant par aboutir à une société qui loin d’être celle dont nous pouvons encore rêver où chacun se sentirait solidaire de tous serait composée de strates superposées sans lien les unes avec les autres, voire opposées…
On mesure ainsi l’ampleur et la nouveauté des questions posées dans le cadre de cette demi-journée d’études. Celle ci doit avoir des prolongements sur les politiques publiques et sur les comportements citoyens.

Dans cette perspective, ne devrions-nous pas envisager de tenir à Grenoble

des assises de l’intergénération ?

 Qu’en pensez-vous ?

Merci de nous donner votre avis, écrivez-nous alertes38@free.fr

 

 

 

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