Programme détaillé
pour la ½ journée intergénération du 16 oct 2007
14h00 : Présentation par Claude WEERS, Présidente du CLARG
14h05 - 15H35 : « l’intergénération c’est quoi ? »
Table ronde et débat avec :
Jean Michel CAUDRON, consultant en ingénierie gérontologique.
Il intervient principalement dans la conception, la mise en place, le suivi et/ou l’évaluation des politiques nationales, départementales, communales ou intercommunales (dont un certain nombre de projets d’habitat ou de quartier intergénérationnel), ainsi que de projets d’établissements de retraite ou de services d’aide à domicile. En France, pour l’association « Vieillir, c’est vivre ! », il développe le concept de « café des âges », et en Belgique, pour l’ASBL Perspective, celui de « café géronto ».
Ses questionnements sur le sujet :
- Comment vivre à 4, 5, voire 6 générations dans sa famille, dans son quartier, dans sa cité ?
- Que ressort-il des derniers Etats Généraux des Familles en France et en Belgique pour cerner la définition de l’intergénération ?
- Quelles analyses se dégagent des 1ers cafés des âges ?
- L’intergénération la plus réussie n’est-elle pas quand il n’y a plus besoin de parler d’intergénération ?
- De caractériser des générations ne peut-il pas entraîner des problèmes là il y en a pas ?
- Ne risque-t-on pas d’enfermer les personnes dans leur âge ?
- L’objectif ne serait-il pas de parler plutôt du « vivre ensemble à travers nos âges » ?
- Comment une association citoyenne comme ALERTES 38 pourrait-elle se positionner pour développer ce « vivre ensemble à travers nos âges » ?
Jacques BAROU, ethnologue, directeur de recherche au CNRS (PACTE/IEP de Grenoble), enseigne à l’Institut d’études politiques de Grenoble et à l’université Lyon 2.
Il est également anthropologue et sociologue et l’auteur de nombreux travaux sur l’immigration et les relations interculturelles. Les grandes agglomérations d’Europe sont ses terrains d’étude ainsi que plusieurs pays d’Afrique, dont le Sénégal oriental.
Il observe des problèmes de relations entre générations différents selon les hommes ou les femmes, les milieux sociaux et le niveau d’éducation, avec des situations souvent conflictuelles, entre père et fils, mère et belle-fille, par exemple dans les familles turcs.
Il constate des évolutions importantes des modes de vie des sociétés traditionnelles, d’ampleur comparable aux changements qu’ont connus précédemment les sociétés occidentales. 10% d’africains vivaient en ville, 50% maintenant.
Des modes de sociétés différentes en évolutions constantes prennent la place des anciennes en train de disparaître. Ce qui ne va pas sans des crispations et même des vagues de retour en arrière pour des raisons liés par exemple à la religion ou à la nécessité pour l’immigration de composer avec les pays d’origine pour l’immigration, comme le développement de la pratique des mariages arrangés.
N’idéalisons-nous pas trop vite des relations intergénérations traditionnelles plus collectives, de proximité et d’obligation d’entraide souvent plus contraintes que décidés, en plein changements, dans un contexte culturel mondial de développement de l’individualisme et avec des précarités entrainant une atomisation des liens sociaux ?
Maurice BONNET, membre honoraire du Conseil économique et social et ancien vice-président du Comité National des Retraités et Personnes Âgées.
En 1945, le système de protection sociale est un compromis entre la vision universaliste du Conseil National de la Résistance pour une Sécurité Sociale protégeant les individus contre tous les risques sociaux indépendamment de leur famille et le choix d’un régime d’assurance obligatoire limité à 4 risques : santé, accident du travail, vieillesse, famille, d’où la naissance de la Sécurité Sociale.
Aujourd’hui les modifications sociétales militent pour un remodelage du contrat social.
Il faudra donc tout mettre sur la table :
- cotisations, fiscalisation,
- prestations sous conditions de ressources,
- prise en charge de nouveaux risques,
- place de l’Etat et des assurés …
15h50 - 17h20 : « l’intergénération comment ? »
Échanges d’expériences et débat sur :
Travailler ensemble - Habiter ensemble - Se rencontrer plus
- Le tutorat d’insertion, André WEERS
Un petit groupe de retraités collaborent avec la Protection Judiciaire de la Jeunesse (P.J.J.) pour prendre en charge les adolescent(e)s sous mandats de justice. Ils ont entre 13 et 18 ans.
Ils exercent un soutien scolaire individualisé sous des formes très variées et un tutorat d’insertion professionnelle par des recherches de stages et d’emplois en entreprises. Ils les accompagnent au fil des années et exercent souvent un rôle de suppléance parentale (ou grand parentale …).
- Une résidence intergénération, Jean-Noël PERDRIX
Il est président de l’association de la résidence Les Vignes et participe au groupe logement et vieillissement des ateliers de la citoyenneté. Il ’habite l’immeuble en S, avenue Maréchal Leclerc à Grenoble depuis 1989 et fait partie des 3-4 initiateurs d’un projet de rencontre des habitants de l’immeuble.
« Nous avons commencé à nous retrouver en octobre 2006. Notre immeuble comprend plus de 400 logements composés uniquement de T3 et de studios (à part 3 à 4 T4 en bout d’immeuble). Il n’y a donc pas de grosses familles, et très peu d’enfants. La majorité des locataires dépasse les 60 ans. Les studios voient arriver chaque année un grand nombre d’étudiants.
A ce jour près de 40 personnes ont pris contact avec nous, soit pour émettre des attentes, soit pour faire des propositions. A la journée du 16 octobre nous développerons : nos objectifs, notre philosophie, le type de population que nous rejoignons actuellement, nos réalisations, nos limites et nos projets pour 2007-2008.
- Logement étudiant chez la personne âgée, Françoise COLOMBEL
Coordinatrice de l’association DIGI (Domicile Inter-Générations Isérois), association crée en juin 2005, initiée par Mme Gisèle PEREZ vice-présidente du Conseil général chargée de la solidarité avec les personnes âgées avec l’appui de plusieurs partenaires actifs ou financiers (des CCAS, le CROUS, Grenoble Université, Pact de l’Isère, lCrédit Mutuel …).
Les objectifs de DIGI sont de lutter contre l’isolement des personnes âgées et d’aider les étudiant(e)s à se loger. Il s’agit de permettre à une personne âgée et à un(e) étudiant(e) de se rencontrer en vivant sous le même toit. L’un offrant le gite, l’autre au delà de sa présence, rendant quelques services préalablement définis ne se substituant pas à des prestations d’aides à domicile.
« Outre un sentiment de sécurité la présence d’un jeune permet à la personne âgée de se sentir utile et de retrouver un rôle dans la société. Le temps est à nouveau structuré ». Cette action favorise l’entraide entre jeunes et vieux et permet de développer les liens entre générations.
- Les cafés des âges en Isère, Jean-Claude CHERHAL
Il est secrétaire administratif d’ALERTES
A partir de l’appel de l’association nationale « Vieillir c’est vivre, dites le ! », la première fois, il s’agit d’inviter à une rencontre des gens d’âges différents dans une ambiance décontractée, de préférence dans un café, bar ou restaurant, autour d’une consommation, pour se parler en toute simplicité des changements qui ont lieu dans la société entre jeunes et vieux et voir comment mieux vivre ensemble entre générations.
Par exemple à 18h, pendant une heure et demi la parole est libre, l’animateur veille à ce que personne ne la monopolise trop.
Une autre fois on pourra choisir un thème de discussion à l’avance : « Amour(s) de jeunes, amour(s) de vieux », - « La solitude, amie ou ennemie ? comment l’apprivoiser ? » - « Hier, aujourd’hui, demain : les temps qui changent ».
Pour préparer les invitations, on s’appuie sur les associations du quartier ou de la commune, et on pense aux jeunes en associant mjc ou association d’étudiants, clubs de sports, école de musique, parents d’élèves,...
400 Cafés des âges ont déjà eu lieu en France, En Isère 7 ont été organisés depuis 2 ans : à Grenoble au Café de la Table-Ronde, au quartier St Laurent, au Tonneau de Diogène (2 fois), au Village Olympique, à Seyssins, à Eybens. A chaque fois, ils ont réuni de 30 à 100 personnes dont au moins un quart de jeunes de 20 à 35 ans. Trois autres sont prévus à Eybens, Seyssinet et Seyssins.
- Les ateliers du conseil des sages, Anthony MAYDEW co-animateur
Inspiré de l’exemple de Kofi Yamgane, Maire de Coulitz en Bretagne en 1989, le Conseil des sages de Seyssins a été créé en l’an 2000 à l’initiative du Conseil municipal. Son rôle est essentiellement consultatif sur tout sujet de réflexion que Monsieur le Maire souhaite lui confier mais aussi promotionnel soit par l’émission de voeux formels à la municipalité, soit par pilotage en faveur d’actions d’intérêt général ou spécifique prises en charge par différents organismes de la Commune.
La gamme des actions est vaste, allant d’avis sur l’aménagement du cimetière et les feux du jardin jusqu’à la promotion des relations entre les générations à travers la Semaine bleue et l’initiation à l’informatique.
Françoise RIEKEL, nous parlera de l’atelier d’écriture et de la mise en scène des écrits par des jeunes acteurs et des seniors.
- Spectacles et convivialité des aînés ruraux, Pierre DURAND, Président
La Fédération Départementale de l’Isère, c’est 177 clubs fédérés et 12 600 adhérents.
Nous pensons que créer du lien, transmettre, est un devoir citoyen. Nous incitons nos clubs à développer l’inter génération sur une idée simple « Nous sommes les grands-parents de nos villages ».
Quelques exemples réalisés ça et là :
- Parler avec les élèves de notre scolarité d’autrefois … du feu de bois que les élèves de service éclairaient, entretenaient et surveillaient !!
- La résistance c’était quoi au quotidien ?
- Les veillées pour « débourrer les maïs ? » les fins de moissons, de vendanges … les dimanches « entre jeunes ». …
- Quand les grands-mères étaient petites filles c’était comment avec leur maman ? leurs toilettes ? et les garçons avec les filles ?
- Mais aussi, faire les bugnes jeunes et vieux ensemble … aller les distribuer …
- Allez à la fête de l’école du village … et faire venir les enfants chanter à la fête du club des anciens.
Finalement, l’inter génération où le bien vivre en harmonie « C’est faire ensemble, tout ce qui ne s’achète pas. »
- Nouvelles Technologies, Vincent RIALLE
Il est maître de conférences-praticien hospitalier à l’Université Joseph Fourier et au CHU de Grenoble dans le domaine de l’informatique médicale et des gérontechnologies (www-timc.imag.fr/Vincent.Rialle).
ECOVIP (Espace COmmunicant VIsioPhonique) est un système de visiophonie tactile interactive innovant visant à favoriser le lien social et médical des personnes âgées en perte d’autonomie (également utile à toute personne grâce à sa conception "design for all"). Il s’agit d’un logiciel de communication particulièrement ergonomique, adapté aux caractéristiques et difficultés des personnes des 3e et 4e âges, peu onéreux, utilisant un système d’écran tactile afin d’éviter l’usage du clavier (reconnu comme un frein important à l’accès aux services en ligne).
Ce dispositif a également pour finalités de favoriser la coordination des soins, faciliter la coopération et la communication entre les différents acteurs mobiles impliqués dans le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie, et alléger le fardeau de l’aidant naturel (cas des malades Alzheimer). Il vise à compléter utilement un dispositif de téléassistance en cas de chute ou de malaise, ou de suivi à distance de paramètres biologiques ou actimétriques.
Ce dispositif a été conçu et mis au point par une étudiante en thèse d’informatique, Abir Ghorayeb, sous la direction de V. Rialle (Laboratoire TIMC-IMAG) et la co-direction de Joëlle Coutaz (laboratoire CLIPS-IMAG), de 2002 à 2007.
- Parole de résistants dans les écoles, Fernand LAPORTE
Agé de 86 ans, ancien résistant 1940-45, il Participe à l’action conduite en milieu scolaire par la Ligue de l’Enseignement « RESISTANCE EN CHEMINS » : randonnées thématiques sur de hauts lieux de la Résistance en Isère.
Une expérience visant à accompagner de jeunes élèves (CE2-CM1-CM2 et 3e), dans une démarche de réflexion et d’échanges susceptible de construire la mémoire, de renforcer l’éducation de la citoyenneté, d’évoquer des valeurs fondamentales, de stimuler l’esprit critique et l’engagement individuel et civique.
Complétant le travail en amont fait en classe, la parole des résistants crée des liens intergénérationnels dont témoignent en écho, les écrits des enfants.
- Lire et faire lire, Céline ETELLIN
Elle lance un appel aux retraités pour transmettre aux enfants le plaisir de la lecture.
L’idée est simple : des retraités - bénévoles offrent une partie de leur temps libre pour lire des histoires aux enfants de 5 à 8 ans. Des séances de lecture hebdomadaires sont ainsi organisées toute l’année en petits groupes de 2 à 6 enfants. Elles ont lieu à l’école dans le temps scolaire ou périscolaire.
Les objectifs sont de transmettre aux enfants le plaisir de Lire et de créer du lien entre les générations. Le livre est le support de l’échange entre les enfants et les retraités - lecteurs.
En Isère, l’action est coordonnée par la Ligue de l’Enseignement de l’Isère (FOL 38).
A ce jour, près de 300 bénévoles et plus de 100 structures éducatives s’impliquent dans ce dispositif. Plus de 5000 enfants sont bénéficiaires des lectures.
Nous proposons aux bénévoles des formations à la lecture à voix haute et à la littérature jeunesse, ainsi que des rencontres avec des auteurs et des découvertes d’expositions.
Pour tout renseignement : Céline Etellin, TEL : 04 38 12 41 44, Mail : culture38@laligue.org
17h20 : Perspectives par Jean GIARD, Président d’ALERTES