L’intergénération,
qu’es a quo ?
Jeanne CALMENT, avant de mourir à 122 ans,
malgré ses rides et son ouïe difficile, était-elle vieille ?
Denise GREY, avant de mourir à 95 ans, était-elle vieille ?
Antoine PINAY, avant de mourir à 101 ans, était-il vieux ?
Compay SECONDO, avant de mourir à 93 ans, était-il vieux ?
Ne sentons-nous pas au contact de ces nonagénaires et centenaires actifs une force de vie qui les anime ?
N’y a-t-il pas des jeunes de 20 ans vieux ?
Des vieux jeunes ? Des Tanguy ?
L’intergénération,
qu’es a quo ?
Le secret du Bien vieillir se serait-il pas
• de voir la vie, malgré tous ses aléas, du bon côté,
• de rebondir en cas de coups durs,
• de « gérer sa bouteille à moitié pleine, et non à moitié vide » ?
L’intergénération,
qu’es a quo ?
Et quand commence la vieillesse ?
• A la retraite ? Quand on est jeune vieux ?
• Plus tard, quand on est retraité d’un âge moyen (« du moyen-âge ») ?
• Ou encore plus tard, quand on est très grand-vieux (TGV, ont pu inventer des experts) ?
Qu’est ce qu’être une personne-z-âgée (liaison dangereuse ?) ?
L’intergénération,
qu’es a quo ?
• Si il y a 25/30 ans, le grand âge pouvait s’atteindre à 65 ans (le film « Les vieux de la vieille » avec Jean Gabin et Noël-Noël), s’il y a 15 ans les spécialistes parlaient de 75 ans, aujourd’hui 85 ans semble être l’âge où il suffit d’un « petit truc qui se passe mal » pour que tout s’écroule et que l’on se laisse glisser.
• Et demain, quand les plus jeunes professionnels en gérontologie partiront à la retraite, cet âge sera peut-être 95 ans ou 100 ans (l’expérience de vie en bonne santé augmente plus vite que l’espérance de vie tout court).
L’intergénération,
qu’es a quo ?
• Mais alors pouvons-nous dire qu’il y a de plus en plus de personnes âgées, alors qu’il y a moins de personnes de + de 85 ans aujourd’hui, que de personnes de + de 65 ans il y a 25/30 ans ?
• Et si le grand-âge concerne les personnes à qui il reste 10 ans à vivre (des « - de10 ans »), ce nombre de personnes diminue…
L’intergénération,
qu’es a quo ?
• Comment vivre à 4, 5, voire 6 générations dans sa famille, dans son quartier, dans sa cité,
• chaque génération pouvant avoir ses joies, ses aspirations, ses difficultés, pouvant correspondre au contexte de la jeunesse de ses membres ?
L’intergénération,
qu’es a quo ?
Les Etats Généraux des Familles en France (2006) et en Belgique (2005-2006) préconisent une approche différenciée pour soutenir et renforcer les solidarités :
• intrafamiliales,
• extrafamiliales.
L’intergénération,
qu’es a quo ?
• Si nous étudions, avec une approche sociologique et démographique, le vieillissement aujourd’hui, les points suivants semblent importants à traiter :
• une génération sandwich, dite « sacrifiée » - les 55/70 ans - qui a parfois trois générations à charge (les parents ou beaux-parents en perte d’autonomie, des grands enfants au chômage ou en étude, des petits enfants à charge les mercredis, les petites vacances, etc..), génération qui sait qu’elle est dans la plupart des cas la dernière génération qui aide les plus anciens à rester à domicile, génération du baby-boom qui risque, si elle vieillit mal, dans 20/25 ans, poser de gros problèmes économiques pour assurer et assumer la mise en place de services gérontologiques...,
• l’évolution de la culture de ces différentes générations de retraités, et la cohabitation entre ces différentes cultures (ce n’est pas pareil si l’on a été jeune vers la Guerre 14-18, en mai 36 ou au moment des Blousons Noirs et de la Guerre d’Algérie ou encore étudiants de mai 68 - cette dernière époque pour les jeunes retraités d’aujourd’hui -),
• etc.
L’intergénération,
qu’es a quo ?
• Et au delà de ses points sociologiques, n’oublions pas l’individu, et son "projet de vie", ou "projet à vivre".
• Ainsi, la personne qui a 85 ans aujourd’hui, quand elle était jeune, pouvait espérer vivre jusqu’à 60 ans ; elle aura donc programmé son énergie à vivre, ses projets à vivre jusqu’à 60 ans. Et aujourd’hui à 85 ans, elle peut se dire, elle se dit souvent "en survie".
L’intergénération,
qu’es a quo ?
• La question se pose alors pour l’acteur gérontologique (professionnel, élu, bénévole...) : comment « donner envie d’être en vie », comment soutenir, le laissant maître de son devenir, chaque retraité à se réaliser à travers l’optimisation de son projet de vie, projet de vie qui pour l‘association gérontologique du XIIIème arrondissement de Paris serait de se réaliser sur les 5 niveaux suivants : psychoaffectif, social, santé, habitat et économique.
L’intergénération,
qu’es a quo ?
• Un des projets de vie qui me semble des plus réussi, pour moi jeune ou vieil homme de 40 ans, est celui de ce monsieur de 84 ans qui « a fait un stage de quelques semaines » en Maison de retraite, juste pour « draguer » la directrice de 54 ans, « se la marier » et partir vivre à domicile avec elle.
L’intergénération,
qu’es a quo ?
• 2 outils, parmi d’autres, au service du développement des relations intergénérationnelles :
• dès 2004, en Belgique, les cafés géronto, réponses à des commandes institutionnelles,
• depuis 2005, en France, avec un développement extrêmement rapide, les cafés des âges, portés nationalement par l’association « Vieillir, c’est vivre ! » et dans l’Isère par l’association ALERTES 38 (www.cafe-des-ages.net)
Quelles analyses se dégagent des 1ers cafés des âges ?
• L’intergénération la plus réussie n’est-elle pas quand il n’y a plus besoin de parler d’intergénération ?
• De caractériser des générations ne peut-il pas entraîner des problèmes là il y en a pas ?
• Ne risque-t-on pas d’enfermer les personnes dans leur âge ?
• L’objectif ne serait-il pas de parler plutôt du « vivre ensemble à travers nos âges » ?
En guise de conclusion
• Comment une association citoyenne comme ALERTES 38 pourrait se positionner pour développer ce « vivre ensemble à travers nos âges » ?